Plateau installé, clap en main, comédiens prêts. Un tournage de film ressemble à ça de l’extérieur. De l’intérieur, c’est une organisation millimétrée où chaque métier, chaque étape et chaque décision compte.
Dans cet article, on vous explique comment ça se passe vraiment, de la feuille de service du soir à la sauvegarde des rushs.
Un tournage, c’est la phase de réalisation d’un film ou d’une vidéo : le moment où les prises de vue commencent. Tout ce qui a été écrit, pensé, budgété, casté et planifié en pré-production se concrétise devant la caméra.
Un tournage audiovisuel mobilise une équipe technique et artistique autour d’un seul objectif : capter les images et le son nécessaires au montage. Chaque plan filmé est une brique. C’est le réalisateur qui ordonne l’ensemble et dirige les comédiens pour obtenir ce qu’il a imaginé lors de la mise en scène. Sans comédiens, la mécanique est la même – quand il s’agit d’un film corporate ou évènementiel, par exemple.
Le tournage au cinéma fonctionne avec des équipes parfois pléthoriques : directeur de la photographie, scripte, régisseur, ingénieur du son, cadreur, machinistes, figurants, doublures… Des semaines de plateau, un calendrier de tournage serré, un budget conséquent.
Le tournage d’un film d’entreprise répond à d’autres contraintes : efficacité, messages précis, intervenants internes pas forcément à l’aise devant la caméra. L’équipe est réduite, le plan de travail optimisé, et le résultat doit parler à une audience business. C’est un exercice différent, et c’est celui qu’on pratique au quotidien chez Libellule !
Spoiler : c’est la préparation. Un tournage réussi se joue à 70 % avant même d’arriver sur le plateau.
Ce que tous les professionnels du secteur ont en commun, que ce soit en cinéma ou en production audiovisuelle d’entreprise :
L’imprévu, ça fait partie du tournage. Un bon technicien ne le subit pas, il s’y adapte.
La préparation d’un tournage – aussi appelée pré-production, est l’étape cruciale pour garantir que la journée sur le plateau se déroule sans accroc. Elle couvre plusieurs chantiers en parallèle.
Tout commence par l’écrit. Le scénario définit l’histoire, les dialogues, les scènes. Le découpage technique le transforme en liste de plans à filmer avec les indications de cadre (gros plan, plan large, etc.), de mouvement de caméra et de mise en scène. C’est le document de référence de toute l’équipe.
Retrouver les lieux qui correspondent à la vision artistique et aux contraintes techniques, c’est le travail du repérage. On distingue deux grands types de lieux de tournage :
Le choix des lieux est une décision technique autant qu’artistique. Elle impacte directement le planning et le budget.
Acteurs professionnels pour un court métrage de fiction, comédiens pour un film publicitaire, intervenants internes pour une vidéo d’entreprise, silhouettes pour des séquences de foule… Le casting définit qui passe devant la caméra. Il doit être bouclé avant le tournage, avec un briefing clair sur les attentes.
La veille du tournage, la feuille de service – autrement nommée par certain-e-s feuille de tournage ou feuille de prod, est envoyée à toute l’équipe. C’est le document central de la journée. Elle contient :
C’est la 1ère assistante réalisatrice qui la prépare. Une bonne feuille de service, c’est une journée qui part du bon pied.
Petite précision avant de se lancer dans le détail : tout ce qui suit, c’est l’organisation type d’un tournage de cinéma ou d’une grosse prod, avec une personne par poste. Dans la vraie vie de la production audiovisuelle d’entreprise, on n’a (presque) jamais autant de monde. On mutualise. Des profils polyvalents qui maîtrisent plusieurs compétences à la fois : c’est ça, la norme. Plus économique, plus agile, et tout aussi rigoureux.
Ceci dit, voici le détail des métiers façon cinéma, pour comprendre qui fait quoi sur un plateau.
Premiers rôles, seconds rôles, figurants parlants, silhouettes : chaque catégorie a son rôle dans le récit. Dans le cadre d’un film d’entreprise, les « comédiens » peuvent être des collaborateurs ou des dirigeants. Notre mission est de les mettre en confiance rapidement.
Chez Libellule, on tourne en équipe réduite : réalisateur, cadreur, ingénieur du son, assistante de production, parfois une maquilleuse. On peut même parfois cumuler plusieurs rôles, et on adore ça. C’est plus agile, moins coûteux, et tout aussi rigoureux.
Un tournage de film se déroule selon une organisation rodée, que ce soit pour un court métrage, un long métrage, une série ou une vidéo d’entreprise.
Le matin, les équipes techniques arrivent avant les comédiens. Les électros installent les sources lumineuses selon les indications du directeur de la photographie. L’ingénieur du son installe ses micros et vérifie ses niveaux. Les machinistes positionnent la caméra. Le décor est calé, vérifié, validé.
Cette étape de préparation prend du temps. C’est elle qui conditionne la qualité de tout ce qui sera filmé ensuite.
Pendant l’installation technique, les comédiens ou intervenants passent par le HMC (Habillage, Maquillage, Coiffure). Sur un film d’entreprise, comptez 20 à 30 minutes. Sur une production avec effets spéciaux de maquillage (prothèses, SFX), ça peut durer bien plus longtemps.
Quand tout le monde est en place, l’assistant réalisateur lance le rituel du PAT (Prêt À Tourner) :
Le réalisateur se place derrière son écran (le « combo ») pour voir ce que filme le cadreur et contrôler le son. Puis le clap est annoncé : un machiniste indique à la caméra le numéro de séquence, de plan et de prise, et claque le clap pour synchroniser image et son.
Les films sont structurés en séquences, les séquences en plans. Chaque plan peut nécessiter plusieurs prises. Le réalisateur guide les comédiens entre chaque prise, ajuste les intentions de jeu, le rythme, les émotions. Tourner un film, c’est aussi créer les conditions pour que la bonne prise émerge.
Quand le projet le nécessite, les responsables des effets sont présents sur le plateau. Les effets spéciaux (SFX) sont réalisés directement en plateau (pyrotechnie, prothèses). Les effets visuels (VFX) sont créés en post-production par ordinateur (3D, tracking, rotoscopie). Leur présence pendant le tournage du film permet d’anticiper les contraintes de la post-production.
« Et c’est une fin de tournage ! » La remballe commence. Les rushs sont sauvegardés sur plusieurs disques durs, toujours en double. Deux documents de fin de journée sont produits :
Ces documents sont transmis à l’équipe de post-production. Sans eux, retrouver la bonne prise dans des heures de rushs relève du cauchemar.
Le choix du lieu de tournage est une décision technique, logistique et artistique. Chaque type a ses avantages et ses contraintes.
Tourner en studio, c’est choisir la maîtrise totale. Lumière entièrement contrôlée, son isolé, décor artificiel construit sur mesure. C’est le choix privilégié pour les productions qui nécessitent une ambiance précise et reproductible d’une journée à l’autre.
Bureaux d’entreprise, espaces extérieurs, showrooms, usines, commerces… Les décors naturels ancrent le film dans le réel. Pour un film d’entreprise, c’est souvent le choix le plus cohérent : filmer dans l’environnement réel de l’entreprise renforce l’authenticité du message. Le revers : on subit les contraintes du lieu (bruit ambiant, lumière naturelle changeante, contraintes d’accès).
Rue, parc, chantier, événement en direct… Tourner en extérieur demande une logistique spécifique et une capacité à s’adapter à l’imprévu (météo, passants, bruit). C’est le terrain de prédilection pour les tournages événementiels et les documentaires.
Pour les téléfilms, les séries ou certains clips musicaux, des décors intermédiaires sont utilisés : plateaux de télévision, décors de théâtre, espaces aménagés. Ils combinent une certaine flexibilité avec un niveau de contrôle technique supérieur à l’extérieur.
Honnêtement, on ne peut pas vous donner de réponse précise, ça dépend de plusieurs éléments. La complexité du projet, le nombre de scènes, les lieux, la taille de l’équipe, le budget… Mais pour vous donner un ordre d’idées :
Pour une vidéo d’entreprise, comptez 2 à 4 semaines entre la fin du tournage et la livraison finale, selon le volume de rushs, les allers-retours de validation et les demandes de modifications en post-production (montage, étalonnage, musique).
Pour un long métrage de cinéma, la post-production peut durer plusieurs mois à plusieurs années (montage, étalonnage, mixage son, VFX, distribution en salle).
Pour un aftermovie ou un clip destiné aux réseaux sociaux, quelques jours à deux semaines si la préparation a été sérieuse.
Un tournage audiovisuel en contexte professionnel ne ressemble pas à un tournage de fiction. Les contraintes sont différentes, les enjeux aussi.
Lors d’un tournage événement professionnel, l’équipe filme en conditions réelles, souvent sans possibilité de refaire une prise. Conférence, séminaire d’entreprise, lancement de produit, soirée corporate : tout va vite, tout bouge. L’équipe doit être discrète, mobile et réactive pour capter les bons moments sans perturber le déroulement de l’événement.
L’organisation repose sur un repérage préalable du lieu, un plan de couverture précis, et une coordination sans faille entre le réalisateur et le cadreur.
Pour un tournage audiovisuel dédié à la communication d’entreprise (film institutionnel, témoignage client, vidéo produit, présentation de savoir-faire), la préparation en amont est décisive. Le scénario, le plan de travail, le casting interne, le repérage des lieux : tout ce travail fait gagner un temps précieux le jour du tournage.
Chez Libellule, on accompagne nos clients bien avant d’arriver sur le plateau. C’est de cette manière qu’on garantit un tournage efficace et un résultat qui colle aux objectifs business.
Voilà ! Vous savez maintenant ce qui se cache derrière un clap. Un tournage de film, c’est une aventure collective. Chaque métier compte, chaque étape a son importance, et c’est souvent dans les détails que tout se joue. Que ce soit pour un court métrage, un film institutionnel ou un aftermovie événementiel, la recette reste la même : une bonne préparation, une équipe soudée, et l’envie de faire quelque chose de bien.
Si vous avez un projet vidéo en tête, on sera ravis d’en parler autour d’un café (ou d’un appel, on s’adapte). Contactez-nous.
Une séquence est une unité narrative : une scène avec un début et une fin. Elle est découpée en plusieurs plans, chacun correspondant à un cadrage filmé en une seule prise de vue. Au montage, c’est l’assemblage des plans qui reconstitue la séquence et donne le rythme au film.
Le plan de travail (ou calendrier de tournage) est le document qui organise dans le temps toutes les scènes à tourner, en tenant compte des disponibilités des comédiens, des lieux et du matériel. C’est la colonne vertébrale organisationnelle d’un tournage. Une modification de planning peut avoir des répercussions en cascade sur toute la production.
Techniquement oui. En pratique, c’est risqué. Sans script ou conducteur, on arrive sur le plateau sans savoir exactement quoi chercher. On perd du temps, on manque des plans importants, et le monteur se retrouve avec des rushs impossibles à assembler. Pour une vidéo d’entreprise, un brief solide est le minimum. Pour un court métrage de fiction, un scénario complet est indispensable.
De 3 à 6 personnes en général : un réalisateur-cadreur, un ingénieur du son, une personne à la production ou à la régie, parfois une maquilleuse. Chez Libellule, on adapte l’équipe aux besoins réels du projet, sans sur-dimensionner.
SFX, VFX… si ça vous fait penser à une vieille cassette VHS oubliée au fond d’un tiroir, on vous arrête tout de suite : aucun rapport, promis. Les SFX sont des effets réalisés directement sur le plateau pendant le tournage : explosions réelles, prothèses de maquillage, mécanismes. Les VFX sont créés en post-production par ordinateur : 3D, incrustation, rotoscopie. Sur un tournage à effets, les deux équipes collaborent dès la pré-production. Histoire d’éviter qu’on découvre le jour J qu’on avait prévu une explosion à l’endroit exact où devait apparaître un hologramme.
C’est une situation qu’on évite en travaillant sérieusement la préparation. Mais si malgré tout certains plans ne sont pas au niveau attendu, on évalue avec le client ce qui est rattrapable en post-production et ce qui nécessite éventuellement un complément de tournage. La transparence prime toujours.